Mon dernier vol…Je quitte ce pays qui m’est devenu si cher…
En ce qui concerne le chantier de Boutal Bagar, l’entrepreneur papa Eloi revient à la charge. Il menace de trainer la Mission Catholique en justice si on rompt le contrat. Et c’est bien ça tout le problème : on n’a TOUJOURS PAS signé le contrat ! A l’aide du vicaire général, le père Paolino comme médiateur, nous trouvons ensemble un arrangement. Papa Eloi s’engage à changer son équipe existante, les sœurs engagent quelqu’un pour prendre ma place et ils se retrouvent dans un mois pour refaire le point.
19h30… Je suis encore au bureau. J’attends le vicaire général pour donner l’ordinateur et les clés du BED, mais il est en retard. Plus le temps d’attendre, j’apporte le tout à la salle à manger de l’évêché. Je redis au revoir à l’évêque pour la troisième fois de la journée. Il n’a toujours pas compris que je ne reviendrai plus demain… Kieke.
Je suis dans un état second…
Je rentre à la maison, je boucle les derniers sacs, je prends une douche et j’adore mes colocs ! C’est devenu une habitude tacite lors d’un départ : ceux qui restent prennent tout en charge. La personne qui part ne doit s’occuper de rien sauf de profiter des derniers instants et moments forts, même très fort avec les amis. Eux s’occupent des papiers, du timing etc.
Direction l’aéroport pour enregistrer mes bagages et prendre mon dernier cachet « sorti du Tchad le 5/06/12 ». On se retrouve tous au restaurant libanais. Tous, c’est un mélange de tout horizon confondu : expats, humanitaires, volontaires, Mongo, Sahr, N’Djaména, Armée française, Français, Espagnols, Tchadiens, Colombien, …
J’ai le cœur qui bat trop vite…
J’ai un haut le cœur en voyant un début de larmes couler chez Tiphaine et Vianney…
Je fais pareil…